BIM : Rodrigo Morales, archéologue du futur

Rodrigo Morales n’est pas le premier venu, ou plutôt, si : il compte parmi les précurseurs du BIM en France. Occupé pendant près de 10 ans sur de grands projets dans l’hexagone, il rejoint A+W Genève pour accroitre notre expertise dans le domaine. Cinq questions posées à ce professionnel visionnaire.

AW. Il y a 10 ans, le BIM était une prospective. Quel a été votre motivation dans cette discipline ?
RM.
Le goût pour la technique, sans aucun doute ; le potentiel majeur de l’informatique dans l’ingénierie du bâtiment a toujours été une certitude pour moi, je m’y suis donc formé avec assiduité.
En 2010, après des années d’activité CVC et de recherche parallèle dans le digital, j’ai eu l’intuition que le BIM — alors émergeant — allait rapidement conquérir le monde. J’ai fondé le bureau BIM SYSTEM afin de proposer notre expertise aux grands cabinets d’ingénierie français, à l’époque seuls capables d’intégrer cette nouvelle dimension technologique. Nous avons immédiatement été sollicités pour des missions de mise en processus dans le cadre de grands projets nationaux, tels que la rénovation de la Grande Arche de la Défense, Window et plus récemment la restructuration des Tours Pascal à Paris. Dès lors, nous avons travaillé pour la plupart des « majors » de l’ingénierie française jusqu’en 2017, année où j’ai cédé BIM SYSTEM au leader européen Artelia Group. J’ai ensuite été amené à collaborer avec le CERN, en qualité de BIM Manager indépendant. De là, je me suis intéressé à A+W, que j’ai rejoint début 2019.

Vous avez la responsabilité d’y structurer le département BIM. Quel est votre plan d’action ?
Actuellement, notre activité dans ce domaine repose sur la spécialisation de certains de nos chefs de projet et modélisateurs, dans des dossiers qui ont permis d’étalonner notre prestation, en quelque sorte. Le travail accompli avec succès a forgé notre expertise. Face à la demande croissante, nous souhaitons maintenant inscrire le BIM en véritable proposition de valeur. J’étudie actuellement la fonction BIM de nos différentes entités sur le territoire, pour ensuite consolider une mise en processus la plus transversale possible.
Je procéderai en trois étapes :
– Structuration : optimisation des savoirs et formations complémentaires, amélioration et complétion des outils, définition méthodologique et mise en processus
– Intégration : profilage du département dans la chaîne de valeur A+W, élaboration d’une grille de prix détaillée consolidant les options d’expertise
– Valorisation de la fonction BIM à destination des clients

Comment souhaitez-vous proposer la fonction BIM sur le marché genevois ?
Je suis convaincu de la valeur ajoutée concrète d’un dossier BIM dans la valeur intrinsèque d’un bâtiment. D’ailleurs, certains marchés publics en France l’exigent d’ores et déjà et je ne doute pas que la Suisse s’engagera dans cette voie. Cela concerne aussi bien les édifices neufs que le patrimoine bâti. L’architecture et l’urbanisme sont consubstantiels de la notion de pérennité ; le BIM favorisera le rendement des ouvrages et le respect de leur signature initiale.
Au-delà de l’organisation du département, mon rôle consistera à intégrer le BIM comme un socle de notre proposition de valeur, à en faire comprendre les avantages stratégiques et pratiques aux maîtres d’ouvrage et d’œuvre.

Le BIM doit-il être considéré comme un facilitateur intégré, ou comme une prestation à part entière ?
Cette question concerne la profession tout entière. Le BIM ne se restreint pas à la l’ingénierie informatique. Il s’inscrit dans un environnement réunissant non seulement un large faisceau d’expertises, mais également une méthodologie complexe, quasi systémique. Le BIM répond à des motivations sous-jacentes, au-delà de la fonction cartographique : il intervient dans la logique économique des bâtiments en permettant la maîtrise des coûts d’exploitation face aux potentiels d’usure, d’évolution, de transformations et de restauration.

Ce qui vous a poussé à rejoindre A+W ?
L’entreprise est à la pointe du progrès, avec une volonté marquée de se maintenir aux avant-postes technologiques. Le très haut degré de compétence des différents services – ainsi qu’un spectre de prestation très bien pensé, notamment en automatisme, énergie des fluides, électricité et acoustique – offre un exceptionnel champ de possibilités, que le BIM viendra renforcer. Je suis ravi de poursuivre l’aventure BIM en rejoignant cette belle entreprise !

Pour toute demande d’information, nous vous invitons à contacter
Rodrigo Morales
Responsable du département BIM & Synthèse Technique
Tel. +41 22 749 83 80
rodrigo.morales@amstein-walthert.ch

Image avec rendu réaliste de distribution des techniques CVCSE