Amstein+Walthert Genève auditeur pour le label international BREEAM

Figurant parmi les doyens de la certification environnementale, le label britannique BREEAM, né en 1991, fait florès dans de nombreux pays, notamment européens. Son spectre d’analyse couvre les trois piliers de la construction durable. Cela en fait un outil particulièrement adapté aux légitimes préoccupations écologiques des investisseurs d’un monde nouveau. 
Samir Mahroua, notre expert maison pour la certification BREEAM, répond à nos questions sur ce sujet d’actualité.

A+ W. En quoi consiste le BREEAM ?
Samir Mahroua. Le BREEAM est une méthode d’évaluation de la durabilité pour les projets de plans directeurs, de construction d’infrastructures et de bâtiments. Label parmi les plus requis au monde, il est adapté aux exigences régionales et classifie les différentes sources d’impacts écologiques sur neuf catégories de problématiques : énergie, santé et bien-être, utilisation des ressources naturelles, matériaux, gestion, pollution, transport, déchets, eau.
C’est aussi un outil de cotation qui fournit aux propriétaires, usagers et investisseurs un état des lieux pour la construction ou l’amélioration, puis l’exploitation de leur bâtiment.

Pourquoi le BREEAM, alors que des labels régionaux existent déjà ?
Parce que sa notoriété mondiale fait qu’il est souvent demandé par des maîtres d’ouvrage internationaux soucieux d’homogénéiser leur portefeuille de certifications. Il n’est pas question de confronter les labels, si ce n’est pour satisfaire aux attentes spécifiques des donneurs d’ordre. La norme suisse Minergie®, par exemple, est orientée vers l’efficacité énergétique, écologique et d’usage, alors que le BREEAM couvre un champ quasi complet des effets que peut produire une construction sur l’environnement vivant.
Chez A+W, nous sommes certifiés pour l’audit de différents labels, que nous sélectionnons en fonction des objectifs et des impératifs de nos clients.

Quelle est votre fonction dans le processus BREEAM ?
Je suis l’évaluateur qualifié et agréé d’A+ W auprès de l’organisme de certification, à qui je remets les conclusions de mes études et les candidatures au label. Mon audit peut concerner plusieurs étapes du cycle de vie du bâti et de son environnement, de la conception et construction à l’exploitation, ainsi qu’à la rénovation. Durant la phase d’analyse, je travaille avec les différents protagonistes du projet. En phase de conception, il s’agira de coopérer avec le maître d’ouvrage et l’architecte maître d’œuvre pour la configuration durable du bâtiment, dans le respect de sa destination finale et de la convention d’objectifs. Je suis également amené à valider les propositions des différents corps d’état et d’apporter les correctifs nécessaires. Réalisée en amont, la certification est facile et son bénéfice impressionnant, tant sur la valeur intrinsèque du bâtiment que sur son rendement.
Dans le cas d’ouvrages existants, un bilan environnemental complet est réalisé. Il est en effet rare qu’un actif datant d’une ou plusieurs décennies parvienne à satisfaire les 9 points d’analyse de la méthode BREEAM. Un système de notation permet néanmoins d’en valider les conformités et d’apprécier la valeur marchande du bien sur cette base.

Comment éviter les conflits d’intérêts, alors qu’A+W est précisément spécialisé dans l’ingénierie du bâtiment ?
Notre service de certification agit en totale indépendance des autres services. Nous n’accompagnons pas nos audits de propositions de mise à niveau, à moins que cela ne soit expressément demandé par le client. Mais là encore, la logique veut que l’on subordonne les suggestions correctives à l’étude amont.

Avez-vous des missions BREEAM en cours ?
Oui, nous intervenons en qualité d’auditeurs sur plusieurs missions. Nous collaborons également à la conception d’un projet de construction dans le secteur des services. Le maître d’ouvrage est un acteur international ayant fait le choix de la certification BREEAM pour son entité genevoise.

Que diriez-vous à un investisseur pour l’inciter à certifier son bâtiment ?
Qu’outre l’urgence d’une mobilisation écoresponsable planétaire, la certification d’un immeuble améliore substantiellement sa valeur de revente et, plus prosaïquement, sa marge bénéficiaire locative. De plus, la norme… devient la norme : les immeubles non durables connaîtront de grandes difficultés techniques et financières dans la perspective, inéluctable, du renforcement législatif en matière d’écologie.

Pour toute demande d’information, nous vous invitons à contacter
M. Samir Mahroua
Consultant en construction durable
BREEAM Assessor
Tel. +41 22 749 83 75
samir.mahroua@amstein-walthert.ch